Le poids du silence

Dans l’Éducation Nationale, outre l’hypocrisie ambiante, un autre mal règne sans que personne ne le mentionne, et pour cause, il s’agit du silence face à certaines attitudes ou actions de la part de chaque strate de la corporation. Silence pour ne pas mettre dans l’embarras celui qui prend sa classe dans un état second, silence pour couvrir un autre qui ne supporte plus ses élèves, silence pour nier la pression exercée par certain inspecteur sur les épaules de directeurs, silence pour camoufler l’invasion parentale que subissent certains collègues, silence enfin face au harcèlement moral qui n’existe pas dans un lieu comme l’école.

Il arrive pourtant que certains osent briser l’omerta et disent tout haut ce que tous connaissent déjà tout bas, s’en suit alors généralement des pressions visant à caser la confiance en soi de la personne par qui le scandale arrive. Si cette dernière est assez forte psychologiquement, c’est à dire si elle ne tombe pas en dépression avec l’aval de la hiérarchie, vient alors le moment des compromis, celui où on achète le silence en proposant un changement de poste, appuyé là encore par l’inspection pour passer outre les barèmes. Quoiqu’il arrive, cette personne est maintenant un mouton noir dans ce troupeau silencieux.

Dans tous les cas, le problème est réglé en interne, l’Éducation Nationale ne comptant aucun médecin du travail, c’est plutôt commode lorsqu’on chercher à tout prix à camoufler les pratiques peu orthodoxes des inspections. Ça vous fait penser à un schéma connu : silence, violence, pression, corruption, ne cherchez plus, vous êtes bien dans la mafia de l’éducation.

Posted: janvier 10th, 2010 under EN : l'envers du décor.

Comments

Comment from Haeru
18/01/2010 at 18:17

Ouais, j’ai entendu parler de ça at home… Alors, tu la montes quand, ta boîte ? ^^

(au fait, j’a ressuscité)

Comment from Cally
20/01/2010 at 15:32

Ben pas tout de suite, je pense passer éducatrice en internat auprès d’ados en difficulté scolaire et sociale à la rentrée prochaine, tu sais l’EREA que j’avais visité. Personne ne veut atterrir là-bas, autant dire que j’aurai pas besoin de me battre pour obtenir le poste!

Ça veut dire au revoir classe avec préparation de cours et bonjour les ateliers socio-culturels et autres veillées! Même si les horaires sont à l’opposé de ce que je fais aujourd’hui, je préfère encore bosser la nuit et prendre mes repas avec des groupes d’ados que rester en école primaire, j’ai atteint les limites d’un système immuable dans lequel je ne m’intégrerai jamais.

Putain de Mammouth!

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